Sortez vos mouchoirs : adieu la concurrence et bonjour les partenariats

Je te jette l’anathème, ô toi mon concurrent, mon rival, mon ennemi. Tu viens troubler le repos de mon business. Tu peuples mes nuits d’immondes créatures rampant sur des montagnes de fange. Tu pollues l’esprit de mes prospects. Tu tentes d’envoûter, à l’aide des plus amoraux tours de magie noire, mes clients. Reçois le courroux le plus dévastateur que la terre ait porté, ô, vil concurrent, et ne reviens jamais plus marcher sur mes plates-bandes ! 

Il y a, disons, allez, trois décennies pour être large, on pouvait encore trouver, peut-être pas criés en place publique sous le regard de nos semblables, mais en tout cas gentiment gardés au chaud dans un cerveau, des propos de ce genre. Mais Dieu merci, nous voici en l’an 2021 et la perception de son concurrent semble revêtir d’autres couleurs plus… Amicales !

La concurrence a la peau sacrément dure

Aujourd’hui encore, quand on parle « Concurrence », on y associe naturellement les termes de « Compétitivité », « Rivalité », « Lutte », « Menace ». Un concurrent doit être combattu, anéanti, « vaporisé », comme dirait Georges Orwell. Il importe d’être le mâle dominant le plus puissant dans cette jungle où les concurrents sévissent, afin d’imposer son empire, sa suprématie, sa toute-puissance, pour d’une part survivre, et d’autre part augmenter ses parts de marché. 

Et pourtant ! Ce sens donné à ce mot n’arrive pas systématiquement en première place dans les dictionnaires. Parfois, le « Fait d’être ensemble, d’agir de concert, conjointement, à égalité dans la poursuite d’un même but » est le sens qui arrive en premier. Le voici, dans toute sa splendeur, exposé dans la prose baudelairienne : « Cet artiste (…) arrivait souvent, par une heureuse concurrence de petits moyens, à des résultats d’un effet puissant. »

Il semblerait qu’arrivé en 2021, les pratiques se rapprochent de plus en plus de cette dernière définition. C’est-à-dire d’une concurrence dépouillée de tous ces termes évoqués en début de paragraphe qui lui collent à la peau depuis la nuit des temps. Nous voici au XXIème, le siècle qui dit « Non à la concurrence » et « Oui à la collaboration ».

En effet, pourquoi vouloir à tout prix lutter contre ses « Adversaires » ? C’est coûteux. Terriblement gourmand en énergie. Et bonjour les nuits blanches à tenter d’élaborer des stratégies de conquête et de dévastation. Le XXIème siècle est le siècle qui dit « Non aux bains de sang » et « Oui aux alliances » !

D’un autre côté, dirigeants, dirigeantes, entrepreneuses, entrepreneurs crient haut et fort :   

« Nous voulons développer nos activités sans avoir besoin de piétiner nos concurrents » ! « Nous voulons développer nos activités en nous associant à nos adversaires » !

Bon, on est encore loin, il est vrai, d’avoir un tel système de pensée et d’action généralisé. Mais… Mais ! Ça semble plutôt bien parti pour gagner du terrain.

Coopétition : mais d’où ça sort, ce machin-là ?

Au secours, un néologisme, sortez les lance-pierres ! Du calme, du calme…

Concept popularisé en 1996 par Brandenburger et Nalebuff, expert dans la stratégie de l’entreprise et la théorie des jeux. Autant vous dire qu’à ce moment-là, la plupart des dirigeants ont sans doute crié à l’hérésie, appelant de tous leurs vœux à brûler sur la place publique de tels olibrius complétement à côté de la plaque.

Aujourd’hui, les mœurs et les mentalités sont clairement plus à même d’accueillir ce concept, peut-être pas à grands bras aimants et ouverts, mais en tout cas à le considérer avec une attention toute particulière.

Bon, mais qu’est-ce que c’est, la coopétition ? C’est tout d’abord, vous l’aurez sans doute saisi, une contraction du début de « Coopération » et de la fin de « Compétition ». Ce terme signifie donc tout bonnement une forme de collaboration entre deux entreprises qui, habituellement, livrent bataille sur le même marché. Attention : à ne pas confondre avec la « Fusion ». Non, chacun reste chez soi, non mais oh !

La coopétition permet tout simplement aux entreprises, et ce en conservant leur intégrité, d’unir leurs forces afin de développer leurs activités respectives. Il s’agit d’une stratégie globale, qui peut tout autant concerner un projet, un décrochage de gros contrat, le développement d’un produit ou des coopérations à long terme, impliquant des synergies entre les entreprises.

Adieu le temps passé à chercher tous les moyens par lesquels on parviendra à neutraliser son concurrent. Non, tout cela, c’est du passé !

Les sept vertus de la coopétition pour votre entreprise

Oui parce qu’il y a forcément des avantages concrets, hein, on ne fait pas cela pour les beaux yeux de la concurrence, il ne faut pas pousser non plus ! Les voici, les beaux, les rutilants :

– Complémentarité

– Mutualisation

– Réduction des coûts de fonctionnement

– Développement de l’activité / Augmentation des performances

– Développement du capital social et relationnel

– Gain de parts de marché / Création d’un nouveau marché

– Partage d’une position de leader pour neutraliser d’autres concurrents (exemple d’Apple et Microsoft).

Alors, plutôt un joli tableau, non ? 

Accueillir la coopétition dans son système de pensée

Eh oui, pas facile d’accueillir une chose qui va à l’encontre d’un système de pensée redoutablement bien ancré dans la société. S’allier à ses concurrents n’est pas une démarche naturelle. Cela va à l’encontre de tout ce que nous dicte notre système nerveux. De ce que nous dicte notre intuition. Entrer dans un processus de coopétition implique de ce fait de déboulonner un certain nombre de pensées, d’idées et de réactions profondément incrustées dans notre cerveau. 

Mais comment faire ? En prenant un napalm ?

Non, malheureux, il existe une manière bien plus douce de vous y prendre, car tout n’est encore une fois qu’une question de rapport humain. De posture par rapport à l’autre. Ouvrez votre cœur à la lumière et tendez la main à votre prochain. Bon, d’accord, ça vous fait rire, et tant mieux parce que nous aussi. Toujours est-il que ce n’est qu’une question de formule, et que l’essentiel est malgré tout là.

Car les acteurs de la coopétition doivent avant tout apprendre à se connaître. Ils doivent se rencontrer, échanger leurs idées, leurs valeurs, leurs visions, leurs objectifs, leurs expertises. La transparence est absolument primordiale. Il faut partager son savoir avec son concurrent sans arrière-pensée et avec bienveillance. Un climat de confiance s’installera alors naturellement entre eux, et les portes d’une coopétition saine leur seront alors ouvertes !

Si vous connaissez le réseau viZ·biZ, vous savez que la présence de concurrents au sein d’un même groupe est autorisée. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous croyons à la coopétition. Nous croyons aux partenariats fructueux et enrichissants.  Plus, même : certains des adhérents à notre réseau en ont déjà fait une expérience heureuse.

Si vous voulez venir vous frotter à ce fabuleux concept, on dirait même plus, à cette nouvelle façon de considérer votre concurrence, rien de plus simple, on vous attend, et surtout, on vous invite, alors venez nous voir, vous aurez tout le temps de réfléchir ensuite !